Lenouvel avocat de Jérôme Kerviel, le médiatique Olivier Metzner, ne sera pas parvenu à inverser le cours de l’instruction.
Comme l’a révélé Lefigaro.fr lundi 31 août, les juges Renaud Van Ruymbeke et Françoise Dessetont signé, lundi, l’ordonnance de renvoi en correctionnelle de l’ancien trader de la Société générale, accusé d’une fraude qui a finalement coûté 4,9 milliards d’euros à la banque. Ils suivent en cela les réquisitions du parquet de Paris de juin.
Selon le texte de l’ordonnance dont a eu connaissance Le Monde, les juges considèrent, dans l’une de leurs conclusions, que “l’analyse précise des courriels échangés entre M. Kerviel et les multiples services de contrôle montre, sans ambiguïté, que M. Kerviel leur a menti à de nombreuses reprises durant des mois, n’hésitant pas à produire de faux documents. Ces faits ont été reconnus par M. Kerviel,écrivent les juges, ce sont ces mensonges réitérés qui ont mis en échec les contrôles, les relations au sein de la banque reposant sur la confiance.”
Le renvoi de Jérôme Kerviel devant le tribunal correctionnel de Paris signe l’épilogue d’une affaire érigée en symbole des dérives de la finance. Celle-ci a commencé le 18 janvier 2008 avec la mise au jour d’investissements frauduleux au sein de la banque, pour des montants spectaculaires – jusqu’à 50 milliards d’euros. Jérôme Kerviel, jeune homme désormais âgé de 32 ans, sera jugé pour “abus de confiance, faux et usage de faux, et introduction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé”. Il risque jusqu’à cinq ans de prison et 375 000 euros d’amende. En revanche, son assistant trader,Thomas Mougard, est blanchi. Il bénéficie d’un non-lieu. Les juges, qui l’avaient mis en examen pour complicité d’introduction de données frauduleuses dans un système de traitement automatisé, concluent que Jérôme Kerviel a agi seul.
Pour Jean Veil, l’un des avocats de la Société générale, l’ordonnance des juges “confirme en tous points la plainte de la Société générale”. “Abusant de la confiance de sa hiérarchie, et agissant seul, dit M. Veil, M. Kerviel a manipulé le système informatique de la Société générale. Il est donc seul responsable de la perte de 4,9 milliards d’euros subie par la banque.”
De son côté, Olivier Metzner ne s’estime pas fragilisé dans sa défense. “A l’origine, on reprochait à Jérôme Kerviel d’avoir détourné 5 milliards d’euros, observe-t-il. Aujourd’hui, les juges reconnaissent qu’il n’a détourné aucun argent mais a profité de l’outil informatique sur lequel il travaillait pour prendre des positions. Cet outil étant conçu et contrôlé par la Société générale, je ne vois comment cette dernière pouvait l’ignorer !” Pour l’avocat, “on veut faire de Jérôme Kerviel le seul responsable de la dérive d’une banque. C’est confortable mais faux.”








